Note & Arguments N° 33 - La réponse de la région Bretagne à l’enjeu du logement des jeunes -
La Bretagne compte près de 385 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans. Leur quête d’un logement décent s’avère souvent fort malaisée, et certaines tendances « lourdes » inhérentes à l’évolution de notre société contribuent encore, aujourd’hui, à aggraver le problème. Notre région scolarise un nombre croissant d’étudiants – 56 % de la population totale des 16-25 ans en 1990, 62 % en 1999 –, dont la durée du cursus s’allonge progressivement et qui doivent faire preuve d’une mobilité plus importante que par le passé, au gré des réorientations et des changements de filières. De plus en plus souvent, les jeunes traversent par ailleurs des périodes successives d’emploi, de chômage, d’études ou de stages, – bref, ils sont confrontés à une précarisation grandissante sur le plan professionnel, comme l’attestent par exemple la montée en puissance dans cette catégorie d’âge de l’intérim et des contrats à durée déterminée. Il s’ensuit très logiquement une détérioration de leur niveau de rémunération. Une étude réalisée en janvier 2005 par la Mission Locale du Centre Bretagne a ainsi démontré que 53 % des jeunes qu’elle accueillait disposaient de revenus inférieurs à 450 € mensuels !
Dans le cadre de sa politique sociale de l’habitat, le Conseil régional a donc adopté en octobre 2006 une série de mesures – pour 1,5 M€ par an – visant à faciliter l’accès au logement des jeunes et des travailleurs mobiles. Il a en effet semblé judicieux d’élargir le dispositif à ces derniers, indépendamment de leur âge, dans la mesure où ils rencontrent souvent les mêmes difficultés que les 16-25 ans. Les dispositions mises en œuvre, en collaboration avec les collectivités territoriales et les professionnels concernés, visent à accroître, à destination de ces publics, l’offre de logements temporaires. De cette manière, nous nous donnons les moyens de répondre à un enjeu de taille qui, comme l’a souligné lors de la session d’octobre 2006 Maria Vadillo, déléguée à la santé, « est à la fois de l’ordre de la justice, de la solidarité, et du devoir des classes d’âge installées dans la vie par rapport à leur jeunesse »…
Notes & Arguments - N° 25 - 5 septembre 2006 : Pour une Bretagne plus solidaire…
Le Conseil régional de Bretagne s’est pourvu, en 2004, d’une politique spécifique dans
le domaine des solidarités. Non que le législateur reconnaisse à notre collectivité la
moindre compétence en la matière, mais il est apparu aux élus de la nouvelle majorité
de gauche que, sur certaines problématiques, l’institution régionale pouvait jouer, en
complément de l’action entreprise par l’Etat ou les Conseils généraux par exemple, un
rôle indéniablement positif. Encore fallait-il éviter l’écueil de la dispersion et du
saupoudrage… En conséquence, souligne Maria Vadillo, présidente de la commission
des solidarités, « nous avons décidé de concentrer nos efforts sur un certain nombre
de thématiques que nous jugions fondamentales et pourtant peu ou prou dédaignées
en Bretagne : la politique sociale du logement, la santé, l’insertion professionnelle et
sociale des jeunes via les missions locales, et la solidarité internationale. »